L'HOMME OUBLIE
Face à la mer, il y a un monastère.
C'est le pied-à-terre d'un vieux moine austère;
Il y survit seul, entouré de mystères
L'homme se nourrit de racines et graines,
Poissons séchés et savantes plantes naines
Pour se transcender ou soigner ses migraines.
En exil, condamné à la solitude,
Il déambule, pieds nus, par l'hiver rude,
Tuant le temps, l'esprit voué aux études.
Perché sur une presqu'île au bout du monde,
A l'écart de tout lorsque la marée monte
Et quand, tourmentés, les cieux lourds d'ennui grondent.
Il a fuit Babylone, ses moeurs infâmes
Sans jamais goûter à la chair d'une femme
Pensant ainsi, des flammes, sauver son âme...