SOUS L'HEUREUX AUSPICE DU CIEL.
Mais bien sûr que la poésie voyage toujours,
Autour du monde fait de haine et d'amour !
L'estomac de la politique n'est que charogne,
Et l'homme condamné, pitance des vautours !
L'argent est le nerf à vif de toutes les guerres.
Beau gâchis! Chair à canon, hachis en promotion.
Songe aux tibias éclatés de nos chers grand-pères,
Dont les fantômes mutilés errent à Douaumont !
Bon Dieu! Crois-moi, la poésie voyagera encore,
Ancrée en toi, ancrée en moi, jusqu'à la mort !
Sur les six continents, je deviendrais le fou du roi
Au sein d'Atlantide et de force, ferais régner la loi
Du talion. Alors, dans la rue des Babylones borgnes,
Je trancherais net, le cou gras, dès le lever du jour,
De tous ces sournois diseurs de bonne aventure,
Dont l'encre n'est que venin et langue, pourriture !
Tous ces maudits imposteurs qui, au diable vauvert,
Au prix fort, vendent leur âme, au hasard de l'hiver ...
Mais la poésie sera bien ton seul et unique bagage,
Jusqu'à l'ultime soupir, l'heure du "grand voyage",
( Comme l'appellent, les indiens Pataxos de Bahia )
Ta dernière prière juste avant le jugement immédiat !
Je te dis qu'après nous, seule, la poésie tournera toujours,
En orbite, comme un rêve autour d'un univers d'amour ...
Et il ne subsistera plus rien de ta superbe, de ta gueule,
De tes fichues pattes de mouche, de ton coeur aveugle !
Plus rien ne restera de tes sales coups de cafard froid,
Tes soudains coups de lune noire ou tes sombres effrois !
Parce que la poésie est bien ce beau voyage au long cours,
Nous menant , vaille que vaille, au point du non retour ...