WALKING ALONE
J'étais en train de marcher seul dans le coeur froid de la cité,
Pensant le silence en moi-même, fendant l'anonyme foule,
Au rythme binaire de mes camargaises, tel un chat noir botté,
Qui martelaient les trottoirs mouillés, odeur des publiques latrines,
Et dont l'écho faisait vibrer comme si j'étais un char, les vitrines.
J'avais la tête baissée, les oreilles ouvertes et gloussaient les poules!
J'étais en train de flâner sans but précis, la cigarette aux lèvres bleues,
J'avais pas faim, ni soif ou froid, tuant le temps, marchant sur des oeufs,
Et, au rythme de mon coeur, je me décomposais, perdu dans mes rêves,
Ne me souciant guère des gens rouges de colère qui faisaient la grève.
Je respirais le gaz des artères de la ville, odeur de frite grasse et d'oignon ,
Sans avoir faim, ni soif ou froid, je tournais en rond, sans aucun pognon.
Je déambulais seul, entre chien et loup, sans la moindre haine, ni amour,
Je discutais avec mon esprit sain qui me répondait comme toujours:
Tu n'es qu'un fou mais pas dangereux, tu résistes pour pas grand chose,
Et tu n'es rien en ce monde, tu es comme seul dans un jardin de roses...